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Des pesticides dans les aliments bios ???

21 mars 2014 - Des pesticides dans les aliments bios ???

Récemment, une manchette de la télévision de Radio Canada a fait beaucoup de bruit : l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments aurait trouvé des résidus de pesticides dans plusieurs échantillons d’aliments bios prélevés dans des points de vente au Canada. Pire encore, il appert que l’ACIA n’aurait pas transmis ces informations aux organismes de certification chargés d’assurer l’intégrité de l’appellation biologique, ni aux fermes concernées.

Ce cafouillage dans la transmission des données n’a rien de très rassurant pour une opinion publique de plus en plus dubitative à l’égard des mécanismes de contrôle et de la compétence de ceux qui les opèrent. Plusieurs organismes Québécois du milieu de l’Agriculture biologique ont d’ailleurs réagi face à cette situation et ont réclamé plus de rigueur, de transparence et de diligence dans la transmission des données de la part de l’ACIA.   

Mais en attendant que les organismes de contrôle se démêlent, il convient d’informer correctement les gens qui consomment des produits biologiques quant à l’importance  relative des différentes données relatées par les médias. D’entrée de jeu, il faut mentionner qu’il est possible que des résidus de pesticides soient présents dans certains aliments bios, frais ou transformés. La production biologique voisine la production conventionnelle qui utilise encore des produits de synthèse. Cette utilisation, même faite dans les normes, introduit des pesticides dans l’environnement et ceux-ci peuvent être transportés par le vent ou par l’eau. Prenons l’exemple d’une dérive d’herbicide par le vent ou celui d’un herbicide présent dans un  cours d’eau suite à des pluies abondantes. Un producteur bio, « sous le vent » ou qui utilise ce cours d’eau pour irriguer ses champs risque de se retrouver avec des traces de produits indésirables dans ses cultures. Par ailleurs il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un producteur agricole qui a fait récemment la transition à l’agriculture biologique fasse le même constat, si pendant des années avant cette transition, il a utilisé des produits de synthèse sur ses sols.

 Bref, il ne s‘agit pas obligatoirement de fraude et les données dont on a parlé  tendent à étayer cet état de faits dans la grande majorité des cas. Paradoxalement, toute cette controverse montre que plus il y aura de superficie sous régie biologique moins il y aura de risques de trouver des résidus de pesticides dans l’environnement et, par voie de conséquence dans les aliments. 

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